Pour vous montrer concrètement comment je travaille, je vous propose de plonger dans un coaching récent où le dessin se place comme le point de départ du futur jardin. Parce qu’avant même de se lancer dans l’aventure d’un nouveau jardin, il faut pouvoir se projeter. Et quoi de mieux qu’un dessin ?
Parce que je vous vois ! Je sais que votre jardin ne vous convient pas pleinement : il est trop vide, ou bien mal organisé, ou bien encore vous avez commencé quelque chose et puis votre motivation est tout à coup devenue semblable à celle d’un cochon d’Inde catatonique ! C’est le moment où vous vous tournez vers moi : « S’il vous plaît, dessine-moi un jardin ».
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Lorsque j’arrive pour un coaching, je ne vous parle pas directement de plantations avant d’avoir regardé, analysé, etc. Sinon c’est un peu comme si j’arrivais chez vous avec un camion rempli de plantes sans connaître ni l’exposition, ni la superficie, ni même vos goûts, ça n’a aucun sens ! Non en réalité, je prends le temps d’observer, de comprendre l’environnement, vos envies, vos besoins et puis… c’est le moment du dessin !

Les avantages du lieu
- Là ce n’est pas flagrant parce que le temps n’était pas au rendez-vous mais l’orientation est sud-ouest donc cette partie du jardin est très bien exposée.
- Un magnifique camélia tout à droite avec une belle floraison d’un rouge soutenu.
- Un altea à gauche.
Les envies
- Du bleu, un magnifique hortensia bleu est présent plus loin dans le jardin
- Remettre une grille au-dessus du muret dans l’idée de faire courir quelque chose dessus
- Se cacher des passants en été (le muret est assez bas)
Les contraintes du lieu
- Quelques essais de plantations qu’on ne voit pas sur la photo, comme des heuchères, des bulbes (tulipes) et qu’il faudra intégrer à l’ensemble final
- Une petite surface bien tassée et enherbée
Bon, eh bien c’est parti pour le dessin !
Le déclic du dessin
Sur les deux heures de diagnostic, je fais un rapide croquis puis j’effectue mes recherches et le dessin chez moi. Là les idées s’organisent, les espaces se remplissent, une continuité voit le jour. Le projet devient concret et lisible, presque évident. Quoi de mieux qu’un dessin pour structurer votre jardin et vous aider à vous projeter dans votre futur écrin de verdure !

Le but de cet espace :
- Créer un aspect foisonnant avec plusieurs strates de végétaux (les petits devant et les grands derrière)
- Un massif beau à regarder toute l’année. J’ai fait le choix de végétaux qui fleurissent à différents moments de l’année ou qui ont des feuillages à coloris variables en fonction des saisons.
- Créer une continuité bleue (qu’on retrouvera bien sûr dans les autres massifs)
Plus en détail

- Pour les strates : j’ai pensé à deux grimpantes, la clématite de l’Himalaya « Tetrarose » (2) et le rosier grimpant « Purple Splash » (3). Ces deux grimpantes présentent une croissance rapide (un avantage pour partir rapidement à l’assaut de la future grille) et perdent leurs feuilles en hiver ce qui permettra à ma coachée de profiter de son jardin sans être vue depuis la rue. De plus, elles démarrent toutes deux leur floraison au printemps (de quoi nous avertir du changement saisonnier) et le rosier fleurit sur environ 6 mois ! Dans le massif j’ai mis les arbustes qui dépassent les 1 mètres de hauteur dans le fond (c’est le cas du Coprosma « Evening Glow » (8) qui offre en plus un beau feuillage lumineux) et les plus petits devant comme l’abélia « Pink Lady » (5) qui ne va pas dépasser les 50 cm.
- J’ai alterné les arbustes à feuillage persistant et caduc de telle façon à ne pas avoir un massif bien fourni seulement pendant la belle saison ! J’ai également choisi des arbustes caducs qui ont l’avantage de rester graphiques même sans leurs feuilles comme le Cornouiller sanguin « Magic Flame » (7) (qui a un bois rouge) ou comme le Cognassier du Japon (9) qui certes perd ses feuilles mais qui fleurit avant même d’avoir ses feuilles. D’ailleurs il fleurit tôt dans la saison, en même temps que le camélia déjà présent et leur couleur seront semblable (oui tout ceci est calculé) !
- Pour la « trame bleue », je sais que ma coachée adore les hortensias, j’ai donc ajouté un hortensia « Benelux Bleu » (10) mais aussi une dentelaire du Cap (11) qui a une belle floraison bleue sur environ 6 mois ! Les petites fétuques bleues « Intense Blue » (4) sur le devant de la scène y participent aussi, bien évidemment. Avec leur couleur violet bleue, les verveines de Buenos Aires (1) vont aussi me servir de continuité bleue tout en jouant le rôle de plantes mellifères et en apportant de la souplesse à l’ensemble : très aériennes, elles se balancent à la moindre brise. Très graphiques et très florifères, c’est une plante que j’adore !
Aller plus loin dans la projection
Cette bordure herbeuse avec ses tentatives de plantation se poursuit sur le long de la maison. Le but est de garder ce qui a été fait, de le structurer et de laisser la place à des éléments de jardin plus sauvages qui pourront être structuré par la suite.


Le but :
- Structurer ce qui a été fait
- Laisser la place au sauvage tout en gardant une continuité avec le reste de la proposition
Plus en détail :
- J’ai ajouté deux grands arbustes pour structurer ce qui était déjà là : un hortensia paniculé « Fraise Melba » (2) et un abélia « Tricolor Charm » (3). La couleur rose de l’hortensia est là pour rappeler le rose de la clématite « Tetrarose » (c’est pensé je vous dis !). L’abélia avec ses feuilles panachées et persistantes sera là pour garder une structure et une couleur au massif même en hiver ! La deuxième partie du massif (vers la droite) sera laissée en prairie fleurie afin de venir soutenir la biodiversité locale et de voir la manière dont nous pourront l’articuler par la suite.
- La continuité est apportée par la verveine de Buenos Aires et les fétuques bleues qui vont très bien s’entendre avec la graminée couleur bronze déjà présente ! Cette graminée s’accordera d’ailleurs très bien avec l’abélia du fond (oui, oui, c’est toujours pensé !)


Dans cette partie du jardin qui se trouve également devant la maison mais plus à gauche, le souhait était d’en faire un endroit en cohérence avec le rond d’aromatiques situés au centre. Les framboisiers déjà présents seront gardés (tout à gauche dans le massif) et l’arbuste ainsi que le romarin (tout à droite) seront taillés.
Le but :
- Un massif beau toute l’année
- Un massif en cohérence avec le reste de la proposition
- Un massif aromatique
Plus en détail :

- Bien sûr on n’oublie pas les plantes grimpantes pour venir à l’assaut du grillage ! j’ai choisi la clématite « Apple Blossom » (3) qui garde ses feuilles toute l’année (pour me masquer ce vilain grillage) et qui fleurit en tout début d’année (c’est précieux et parfait pour nous sortir de notre dépression hivernale). J’ai pensé à rajouter pas mal d’aromatiques qui vont se plaire avec cette exposition sud-ouest c’est sûr ! On notera la lavande papillon « The Princess Lavender » (7) qui a des fleurs presque rose fuchsia, bien pétantes. Et ma préférée, la lavande vraie « Platinum Blonde » (9) qui offre des feuilles panachées (en plus de sa floraison violette qu’on connaît tous) : une merveille qui apportera beaucoup de luminosité à l’ensemble.
- Pour garder une cohérence avec l’ensemble de la proposition, vous retrouverez bien sûr la verveine et les fétuques bleues qui s’accordent parfaitement aux teintes de l’ensemble. Le pérovskia aussi appelée sauge de Sibérie apportera également une belle touche aérienne à l’ensemble et ne fera pas tache parmi toutes ces aromatiques (puisqu’on l’appelle « sauge » : vous me suivez ?).
- Les aromatiques sont bien présentes avec les diverses lavandes mais aussi les sauges arbustives (la « Hot Lips » (5) qui pète le feu avec sa petite pointe de rouge). J’ai également pensé à ramener un thym-citron panaché pour apporter de la luminosité au rond d’aromatiques.





Quoi, c’est déjà fini ? Je pourrais passer des heures à vous détailler pourquoi tel ou tel choix (je n’ai pas parlé des parfums non plus) mais le but c’est surtout que vous puissiez vous rendre compte de la manière dont on passe d’un espace nu et enherbé à un espace structuré qui alterne couleurs, floraisons et différentes strates ! Ce travail de dessin n’est pas qu’une étape esthétique (même si c’est très agréable pour moi) : il permet de se projeter pour se lancer et gagner du temps lors du choix des plantes et de la plantation. Eh oui parce que tout devient plus clair : les volumes, les usages et le potentiel du jardin (qui est infini, je ne le répèterai jamais assez).
Alors si vous aussi vous avez un jardin, un balcon et que vous ne savez pas par où commencer, je peux vous aider à y voir plus clair… parfois, il suffit d’un dessin !

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