Le paillage

Baladez-vous en forêt : avez-vous déjà remarqué un sol nu ? Non ! L’épais paillis de feuilles mortes y est toujours présent et la terre est alimentée par l’humus que crée la décomposition des feuilles. La nature est toujours source d’inspiration pour le jardinier.

sentier en automne

Dans Les objectifs du mois de novembre, je vous parlais du paillage : il n’a que des avantages et aucun inconvénient ! Alors pourquoi ne le voit-on que très rarement dans les jardins ? Cette méthode de jardinage écologique n’est pas très répandue et pourtant qu’est-ce qu’elle est commode !

Mais alors le paillage, c’est quoi exactement me direz-vous ? C’est une méthode qui consiste à prendre des végétaux secs comme de la paille, du foin, de la tonte de pelouse séchée, du BRF (bois raméal fragmenté), des feuilles mortes, du chanvre, etc. et de les poser au pied de vos cultures. Le sol qui était nu, se couvre enfin : les mauvaises herbes en dormance dans la terre ne germent plus car elles n’ont plus accès à la lumière du soleil.

Le paillage sert à :

  • Limiter la pousse des adventices (hélas, il y en a toujours qui réussissent à pousser. Mais grâce au paillis, elles sont très faciles à déraciner ! Vous détestez le désherbage ? Moi aussi, alors sus au paillis !) ;
  • Entretenir la vie biologique du sol en les protégeant de la chaleur en été et du froid en hiver. Parce qu’il faut savoir que s’il fait trop froid ou trop chaud nos amis les vers de terre se mettent au repos ;
  • Filtrer l’eau lors des fortes pluies ce qui permet une meilleure infiltration donc une meilleure assimilation de l’eau par les plantes et ce qui évite la création d’une croûte de terre appelée « battance » et sur laquelle l’eau glisse et ne s’infiltre plus ;
  • Limiter l’évaporation de l’eau en été et empêcher la terre de trop chauffer. Si un binage vaut deux arrosages, un paillage en vaut 5 ! En hiver, le paillis limite le gel et entretient la vie des micro-organismes du sol.

J’ai découvert la méthode du paillage en regardant Silence ça pousse ! J’adore le jardinage mais il y a une activité que je déteste par-dessus tout : le désherbage. Pourtant, c’était ma principale activité dans le jardin chez mes parents : nettoyage d’une plate-bande par ci, du potager par là et le pire c’est qu’une semaine plus tard d’autres graines de mauvaises herbes avaient germées et donc, on pouvait recommencer. Cela sonnait un peu comme « cent fois sur le métier remettez l’ouvrage » ! J’ai donc été curieuse de tester très vite cette méthode qui, paraît-il, limite la pousse des adventices.

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Le désherbage, cette corvée !

J’étais un peu perplexe : le paillis va-t-il étouffer les plantes (il faut laisser le collet de la plante au-dessus du paillis) ? Et s’il ne se décomposait pas ? Se décompose-t-il d’ailleurs ? Que choisir comme paillage ? Au début, j’ai choisi un paillis simple, de la tonte de gazon qui allait sinon sur le compost. Erreur à ne pas faire, c’est qu’il faut mettre une fine couche de gazon aux endroits où on veut pailler si le gazon vient d’être tondu et qu’il n’est pas encore sec. Sinon il crée des mottes qui pourrissent, produisent de la chaleur (c’est dommage en été) et dont les vers de terre ne veulent pas.

Si votre gazon est sec, vous pouvez mettre une bonne couche (de manière générale il est préconisé de mettre une couche de quelques centimètres de façon à bien protéger la terre). Depuis, la terre du jardin, aux pieds des arbustes et des plantes annuelles ou vivaces est grumeleuse : ce qui veut dire qu’elle est bien aérée, témoin d’une bonne activité des détritivores. Grâce au travail des vers de terre qui incorporent l’humus (créé par le paillage décomposé) à la terre, qui, de ce fait labourent la terre, celle-ci est plus meuble et plus riche. En la creusant, sur les premiers centimètres on trouve les lombrics qui sont à l’œuvre, alors que dans une terre sans paillage, les vers de terre sont enfoncés bien plus profondément dans la terre.

estragon planté
Exemple de paillage : du foin et des feuilles mortes (récupérées sur mon balcon) pour mon estragon et ma ciboulette

Sur mon balcon, je n’ai pas de tonte de gazon, pour l’hiver j’utilise principalement de la paille qui est un bon isolant thermique mais qui ne se décompose pas très vite, quand revient le printemps j’ôte ce paillis avant de semer et je le mets au compost. J’utilise aussi un paillis de feuilles mortes que je vais chercher dans la forêt près de chez moi et qui se décompose très rapidement. Pour les autres saisons, j’utilise le foin qu’Eusébio, mon cochon d’Inde, envoie valser en dehors de sa cage. Un vrai travail d’équipe !

Vous pouvez aussi pailler avec des épluchures de légumes, ce n’est pas très esthétique mais elles se décomposent très vite et ont les mêmes propriétés que les autres paillis. Pour aller plus loin vous pouvez lire Je paille mes cultures de Blaise Leclerc aux éditions Terre Vivante, un livre qui est très bien fait et où on y trouve tout plein d’idées de paillage insolite (dont les épluchures de légumes !).

Retrouvez aussi un résumé de cet article sur jardiner-malin (rédigé par mes soins).

Et vous, paillez-vous vos cultures ?

3 commentaires sur “Le paillage

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