Réchauffement climatique et jardinage : comment s’adapter ?

Qu’on se rappelle notre été 2021 fort pluvieux et à l’inverse l’été 2022 complètement sec et caniculaire comme au Sahara. En 2021 on a regretté d’avoir fait des tomates qui sont décédées du mildiou et en 2022 certains ont carrément regretté d’avoir fait un jardin car tout a cramé ou les plantes ont arrêté de grandir.

Les tendances sur ces dernières années

La moyenne calculée par le Giec (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, rien que ça !) serait de +1.09° dans le monde par décennies. Mais en France les jardiniers observent plutôt une augmentation de +2.5° par décennie avec des moyennes maximales qui s’affolent à partir de 1996…

Moins de gelées printanières et des hivers doux

De 1999 à 2022 on observe que :

  • 15 années n’ont connu aucune gelée forte ;
  • les 9 autres années recensent seulement une ou deux journées avec un gel tardif.
  • côté minimales extrêmes cela fait 6 ans qu’elles ne descendent plus en dessous de -10°.

Dès avril on peut se retrouver avec des maximales atteignant les 30°! De quoi peut-être songer à avancer certaines cultures au tout début du printemps et à cultiver en hiver.

Des canicules, des précipitations en baisse et un vent plus violent et plus chaud

En juin – et parfois dès avril – on observe des températures de 30°. Or certains semis faits en juin comme les laitues, batavias, choux, épinards et ciboulettes ne germent plus car le sol est trop chaud ! Il faudra penser à mettre ses semis au frais.

D’une manière générale le régime des précipitations augmenteraient dans le Nord et baisseraient dans le Sud. Par saison on observe une baisse des précipitations au printemps (de février à avril) et en automne (de septembre à novembre). Pour autant de violentes précipitations surviennent sous la forme d‘averses orageuses ou de grêle entre juin et août.

Depuis quelques années le vent est en augmentation et il est fort et desséchant.

Conséquences sur les plantes

Fleurs de framboisiers qui ont pour la plupart grillé.

La chaleur, l’hygrométrie de l’air faible, le vent, les orages et la grêle en juin ainsi que les fortes précipitations de mai à août ont de grosses conséquences sur les plantes.

La chaleur et une intensité lumineuse qui augmente avec les années bloquent la croissance de nos plantes qui, pour la plupart à partir de 25° referment leurs stomates (cellules qui permettent à la plante de faire de la photosynthèse donc de croître) et arrêtent purement et simplement leur croissance.

Pour les légumes d’été les températures optimales se situent entre 18 à 28° (c’est le cas des tomates, aubergines, melons, courgettes ou courges) pour les autres les températures optimales de croissance s’échelonnent de 15 à 22° (choux, navets, céleri…). Avec 35° de moyenne en été, tous nos légumes peinent !

J’ai observé chez moi que de nombreux plants de fruits ont des fleurs avortées à cause de la trop grande chaleur. Cela a été le cas pour mes framboisiers, mes aubergines et mes piments… !

Les solutions

Maintenant que nous avons fait un petit tour d’horizon de l’évolution du climat sur la France voyons comment tirer parti de tout cela.

Reculer certaines cultures

Avec ces températures caniculaires, difficile de cultiver entre juin et août notamment les salades et autres légumes feuilles qui montent rapidement à graines… C’est l’occasion de repousser leur culture et de les semer à la fin août. Faites vos semis en godets au frais et vous les repiquerez ensuite car certains plants ne germent pas quand il fait trop chaud.

Les hivers doux vont nous permettre de :

  • cultiver diverses salades et légumes feuilles que vous n’aurez pas semés d’avril à août car ils montent à graines. Jetez-vous à corps perdus dans les salades d’hiver. Elles se plairont tout particulièrement semées dès septembre : roquette, scaroles, batavia, romaine, frisées, mesclun, mâche…
  • semer le fenouil et les blettes en juillet plutôt qu’au printemps. Ils passeront seulement un mois à crever de chaud et les plants seront plus petits donc auront moins besoin d’eau ;
  • planter les poireaux en juillet ou en août plutôt qu’en juin ;
  • planter vos jeunes plants de butternut au mois de juin (ils souffriront moins longtemps de la chaleur) ;
  • semer dès septembre les traditionnels choux de Milan (ou de Bruxelles pour les amateurs), épinards, navets et continuez ainsi jusqu’à Noël avec les fèves, les pois, les carottes, des radis (et oui !) des betteraves…

Cultiver en hiver présente de nombreux avantages notamment celui de voir disparaître bon nombre de parasites. Adieu chenilles, vers, thrips…

Pour en avancer d’autres

Comme les gelées printanières sont de plus en plus éparses :

  • semons dès la mi-février (ci-contre en avril des plants semés en février) en godets même si cela fait du travail de repiquage en plus mais il faut que les graines germent et pour cela il faut de la chaleur. Vous pouvez également utiliser une couche chaude si vous en avez.
  • semons en place nos cucurbitacées, blettes et salades dès début mars, comme la terre est réchauffée. Nous les éclaircirons par la suite. Les plants développeront plus vite des racines en profondeur et pourront surmonter l’été.
  • récoltons avant la canicule nos haricots, pommes de terre, fèves (qu’on aura semées à l’automne), pois, radis, navets, laitues ;
  • semons plusieurs fois. Si le gel a sévi sur vos semis de mars, recommencez dans les mêmes sillons en avril !

Faut-il abandonner les cultures d’été ? Ne gardons que les stars de l’été sans aucune autre culture à côté : piments, aubergines, tomates, melons, courges en veillant à ce que ces variétés se fassent mutuellement de l’ombre !

Diversifier

Comme certaines années il flotte ou il fait trop chaud, le mieux n’est-il pas de diversifier ce qu’on sème ?

  • Le petit pois craint la chaleur et le manque d’eau. Favorisons les petits pois à grains ridés qui sont moins sensibles au froid que les variétés à grains lisse et qui donc pourront être semées plus tôt. Merveille de Kelvedon ou Téléphone à rames montrent de bons résultats.
  • Pour les salades abandonnez l’idée d’en cultiver en été ou alors choisissez des variétés typiques d’été comme les Divina, Kraganer Sommer
  • Choisissez également des variétés de salade qui s’adaptent à de nombreuses conditions comme les laitues romaines : Rouge d’hiver, Crisp mint, Du cantonnier, Rougette de Montpellier, Green deer tongue (je l’aime bien celle-là). Pour les batavias tournez-vous vers La Brillante, Reine des Glaces et Carmen.
  • Pour les tomates arrêtons les gros fruits et essayons Brin de muguet, Matina, Olirose ou Kaki coing : ces variétés produisent vite.
  • Les kales et les choux de Milan se défendent bien avec un bon paillage.
  • Comme certains légumes traditionnels peinent, notamment les épinards chez moi, complétez avec de la tétragone.

Pensez en 3D

  • Cultivez des plantes qui montent haut rapidement et qui feront de l’ombre aux autres quand le soleil deviendra rude.
  • Essayons le mélilot jaune et l’onagre : des bisannuelles qui grossissent bien dès juin. Enfin en annuelles le maïs, les amarantes, le cosmos sulfureux et les ipomées sont de très belles alliées pour procurer une ombre salvatrice.

Retenons qu’avec ces changements de températures, nous voilà avec de nouvelles opportunités de culture au printemps et en automne ! L’automne s’avère être une très belle saison pour les salades, les choux, les carottes, betteraves…

Note : 1 sur 3.

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