Agriculture syntropique. Comment créer un jardin syntropique ? Épisode 1. Par quoi commencer ?

Haaa l’agriculture syntropique, je vous en parlais dans mon article précédent et je vous avoue que, même si ça a été créé pour recoloniser d’arbres les régions arides, j’ai envie de tester (je ne suis pas la seule) pour voir ce que ça donne au jardin !

Jardin syntropique à la pépinière Joala.

La syntropie, qu’est-ce que c’est ?

La syntropie c’est l’inverse de l’entropie. Ha, ça vous aide hein ?

Imiter la nature

La syntropie c’est la caractéristique du monde vivant à tendre vers davantage d’organisation. Par exemple, si on laisse une prairie sans entretien pendant 10 ans, elle sera devenue une forêt : le sol sera riche et l’écosystème fonctionnera dans un cercle vertueux.

L’entropie c’est la caractéristique des choses inanimées et qui, sans entretien, tendent vers le désordre. Par exemple si on abandonne notre ville, il ne restera qu’un paysage de désolation.

Vous l’entrevoyez peut-être mais, le but de la syntropie c’est d’imiter les processus naturels.

Perturber pour créer

Rien qu’en cultivant votre jardin, vous le savez bien que la nature ne vit pas sans quelques perturbations (des petites limaces par exemple).

Changeons d’échelle et passons de votre jardin à une forêt. Ce ne sont alors plus les limaces qui vont perturber l’écosystème mais bien des grands mammifères. Aujourd’hui, ils sont presque tous décimés mais ils perturbaient beaucoup les forêts et créaient de l’abondance.

Gentil toutou

Par exemple, les ours cassaient des branches, renversaient des troncs et créaient des clairières, faisaient rentrer la lumière où d’autres nombreuses plantes poussaient, créaient de la matière organique… Perturber (et non anéantir !) créait de la vie.

Maintenant toutes ces espèces ont disparu et il n’y a personne pour créer de l’abondance dans nos systèmes agricoles actuels (qu’il ne faut surtout pas venir perturber) ! Je tiens tout de même à rappeler que l’anthropocène a vu 85% de sa masse vivante décimée !

À (re)lire :

Ernst Götsch, l’espoir dans le désert

Le Suisse Ernst a mis en pratique toutes ses observations dans sa ferme désertique au Brésil.

Comprendre l’évolution des écosystèmes

Il a mis en pratique sa compréhension de l’évolution des écosystèmes en devenant lui-même grand mammifère perturbateur au sein de son exploitation. Cette fine compréhension du vivant lui a permis d’accélérer les processus naturels. En 30 ans, il a créé une véritable forêt.

Voilà ce que donne son exploitation au Brésil en 30 ans

La méthode d’Ernst Göstch : tailler et mulcher

Comment a-t-il fait ? Il a investi l’espace en surplantant et en taillant. Son exploitation comprend 30% de travaux dédiés à la taille ! C’est comme cela qu’on devient un grand mammifère perturbateur.

Son but était d’accélérer les processus naturels de stratification de la végétation et de carbone dans le sol et il a réussi à diviser le temps par 10 !

Ernst Götsch dans son exploitation.

Tout a pris de l’ampleur : il a réussi à créer une forêt dans un désert !

En résumé : pour créer une abondance, il faut mettre énormément de matière au sol.

Pourquoi du carbone dans le sol ?

L’agriculture syntropique s’est rendue compte que les champignons (qui dégradent les matières carbonées et qui entrent en contact avec les racines des plantes : si, si !) étaient indispensables.

Les mycorhizes (les filaments des champignons couvrant une surface de plusieurs kilomètres sous terre) se sont associées aux racines des plantes pour leur transmettre des informations et des minéraux qu’elles ne sont pas capables de synthétiser. En échange bien sûr des sucres issues de la photosynthèse. Grâce à cet échange, les plantes grandissent plus vite, communiquent plus rapidement entre elles et les champignons peuvent se reproduire.

Cette coopération est à privilégier dans le système syntropique c’est la raison pour laquelle il faut nourrir les champignons avec du carbone. Donc laisser tous les résidus de taille au sol.

Un jardin syntropique

J’ai découvert la syntropie un samedi matin et, notre intervenante nous a informé qu’elle faisait des tests syntropiques à l’échelle de son jardin et que nous allions faire la même chose dans notre jardin partagé ! Génial !

Par quoi commencer ?

  • Changer sa vision des choses. L’agriculture syntropique se compose principalement de taille. C’est la plante qui nourrit le sol et pas l’inverse ! Et oui : c’est elle qui donnera sa matière organique (que vous aurez taillée).
  • Vous avez un terrain.
  • Il faut de la vie dans le sol (les cloportes et les vers de terre sont un bon indicateur) pour que vos résidus de taille se décomposent rapidement. Dans ce cas vous pouvez choisir ou non de retourner la terre. Sachez que même la grelinette casse les mycorhizes mais si votre sol étouffe, le labourer apportera l’oxygène aux bactéries qui pourront par la suite minéraliser vos résidus de taille pour en faire de l’humus.
  • Le sol doit être vert en permanence (couvert de plantes).
  • Vous devrez créer de l’humus donc nourrir votre sol en carbone. Pourquoi pas en azote ? Car elle se décompose rapidement et ne crée pas d’humus.

Penser aux strates et à l’évolution du système

Dans le système de Götsch, il y a 4 strates (la strate basse, moyenne, haute et émergente).

  • Pensez en strates : plantez/semez des légumes, des arbustes et des arbres en même temps permet d’exploiter au mieux la lumière du soleil pour un maximum de croissance.
  • Une fois que tout est mis en place votre but en tant que mammifère perturbateur c’est de toujours nourrir les habitants du sol (les vers de terre comme les champignons) en mulchant (broyer ou couper vos résidus de taille que vous déposerez sur le sol).

La nature, syntropique par essence, passe du stade de prairie à celui de forêt ! La prairie est appelé stade placenta par Ernst, l’apparition des arbustes dans cette prairie constitue le stade secondaire, et le stade forestier – qui tend à être là pendant des millénaires – est appelé climax.

Pour mieux comprendre ces mécanismes, cliquez sur l’image !

Vous avez hâte de vous y mettre ? Moi aussi ! Rendez-vous dans l’épisode 2 pour la mise en pratique au jardin !

Note : 1 sur 3.

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